vendredi 18 octobre 2013

De Mirecourt à Marseille : La famille DANIEL, luthiers et facteur d'instruments en cuivre.

Dans notre travail sur les facteurs d'instruments de musique de l'est de la France, une marque trouvée sur un flageolet et des parties de clarinette nous intriguait : dans un ovale en pointillés " DANIEL/ Breveté/Mirecourt".
Grâce au travail de Jean Jacques BONA publié sur son blog : Luthier Vents l'énigme à été résolue.
Il s'agit de deux membres de la famille DANIEL de Mirecourt, le père Charles Bruno DANIEL et de son fils Edmond DANIEL.
Signature de Charles Bruno DANIEL en 1840.
Charles Bruno DANIEL est né le 2 octobre 1801 à Mirecourt. Son père Joseph Bernard DANIEL (1772- ?) était marchand à Mirecourt. Il sera luthier d’abord à Mirecourt, puis à Marseille. Il épouse Marie Anne Thérèse ARGANT en 1828 à Vézelise (54) ; ils auront trois enfants : Edme Bernard Auguste DANIEL (1829- ?), Marie Thérèse Ernestine DANIEL(1833- ?), tous les deux nés à Mirecourt et Marie Louise DANIEL (1840- ?) née à Marseille. Il s’installe à Marseille entre 1833 et 1840 comme marchand luthier. Il décède à 46 ans le 28 juin 1848 à Marseille.
Sa veuve reprend le magasin, aidée par son fils Edme dit Edmond DANIEL qui n’a que 19 ans.

Signature d'Edmond DANIEL en 1853.

 Malgré son jeune âge Edmond DANIEL se lance en 1852, avec trois ouvriers, dans la facture d’instruments en cuivre. « Bon musicien, possédant bien la plupart des instruments en cuivre » il obtient un brevet d’invention de 15 ans pour « un système de piston à spirale qui diminue la course des tiges des instruments à pistons » le 8 décembre 1852. Le principe était simple, un système de rotation du piston, raccourcissait sa course donc facilitait son utilisation.
Système de piston à spirale du brevet de 1852.
Dès avril 1853, il améliore son brevet en proposant « un jeu de clés qui remplace les boutons ».
Addition d'avril 1853.
Pour la seconde addition à son brevet, en octobre 1853 il adapte ses pistons au trombone et à l’ophicléide. Pour son troisième séjour à Paris il réside chez LABBAYE, célèbre famille de facteurs de cuivres parisiens, 17 rue du Caire.

Adaptation des pistons à spirale au trombone d'octobre 1853.
Comme tous les facteurs d’instruments en cuivre il se heurte au monopole d’Adolphe Saxe et lui demande une licence qu’il obtient.

Marque d'un saxhorn.
En fait Daniel, au niveau des cuivres se fournissait chez d’autres facteurs, comme GAUTROT puis COUESNON et recevait les instruments soit terminés, soit en parties qu’il assemblait et finissait. Il était également revendeurs d’autres instruments à vent (Clarinettes, flûtes etc…). Au niveau des instruments à archets il était secondé par des luthiers comme Paul François BLANCHARD de Mirecourt ou Antoine Marius RICHELME de Marseille
Marque d'une clarinette à 13 clés.
Alors que pensez de la marque « Daniel/Breveté/Mirecourt » ? Elle appartient bien à Edmond DANIEL, il suffit de la comparer avec celle de Marseille, et l’utilisation de la mention brevetée nous conforte dans cette idée. Mais pourquoi Mirecourt ? Peut-être une tentative de succursale à Mirecourt ? Avec des instruments de Mirecourt (Rémy-Genin ?), pour le moment nous n’en savons rien.
Il avait épousé le 22 juillet 1857 à Marseille Claire Adélaïde ESCOFFIER(1833- ?) dont il divorcera trente ans plus tard en 1887 et épousera en 1890 Emilie Anne Marie CAUSSIN (1850- ?) la fille de François Nicolas CAUSSIN (1819-1884), célèbre luthier de Neufchâteau dans les Vosges.
Cornet système compensateur de SUDRE, ajusteur breveté DANIEL.
(Collection J.M. RENARD) 
François SUDRE (1844-1912) a fait son apprentissage chez E. Daniel à Marseille. C’est lui qui possédait et  développa le brevet d’Edmond DANIEL de 1884 : « Système compensateur adapté aux cuivres ».
« Mr Sudre, propriétaire du brevet Daniel, l’a modifié et en a fait la base d’un système qu’il nomme compensateur et qui lui permet par les combinaisons d’une double perce d’obtenir le rallongement de certains tubes des pistons d’une manière logique et sans changer le doigté ».
Détails cornet SUDRE (Collection J.M RENARD)
Il vivait en 1906 avec son épouse au 2 cours Belsunce à Marseille.
Merci à Jean Jacques BONA pour toutes ses recherches.



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